Au-delà du Bitcoin : Comment les blockchains privées changeront des industries entières

Au-delà des idées reçues sur le Bitcoin et autres crypto-monnaies, la technologie de la blockchain est prometteuse pour un certain nombre d’utilisations. De nombreuses industries (finance, services de santé, assurance, immobilier et d’autres industries basées sur les données) expérimentent des solutions basées sur la blockchain pour améliorer la transparence, éliminer les intermédiaires et accélérer les transactions.

La Blockchain est fondamentalement un registre de transactions ‘append-only’, ce qui signifie que tout le monde peut ajouter de nouvelles informations mais que les informations précédentes ne peuvent pas être modifiées. Les données sont sauvegardées sur des blocs, dans une chaîne de blocs (d’où le nom “blockchain”) et toute tentative d’ajustement, d’édition ou d’altération d’un bloc précédent invaliderait tous les blocs de la chaîne.

« Imaginez cela comme un document PDF ou Google Doc, mais avec une cryptographie solide », explique Coin Crunch, un site spécialisé sur la recherche et les technologies Blockchain.

Pour le Bitcoin et autres crypto-monnaies, la blockchain est un moyen de vérifier l’échange de ces crypto-monnaies entre deux parties. Toutes les données qui doivent être stockées de manière sécurisée et vérifiable devraient tirer parti d’une chaîne de blocs dédiée, ce qui explique pourquoi les premières requêtes sont généralement de type transactionnel.

La Blockchain peut être utilisé, par exemple, pour l’échange d’actifs ou de contrats intelligents. En effet, le registre lui-même est décentralisé et de multiples copies sont stockées sur plusieurs ordinateurs indépendants sur le réseau. En d’autres termes, personne ne contrôle ce registre.

Bien qu’il y ait encore de nombreuses difficultés techniques à surmonter, les entreprises commencent à expérimenter leurs idées. « Des entreprises comme IBM et Foxconn exploitent l’idée de l’immutabilité dans des projets qui visent à débloquer les opérations de Trade Finance et à rendre les chaînes d’approvisionnement plus transparentes. Une telle transparence pourrait également permettre aux consommateurs de connaître l’origine des produits qu’ils achètent – savoir, par exemple, si un T-shirt a été fabriqué par la main-d’œuvre d’un atelier clandestin », selon un article paru dans le MIT Business Review.

Nous assistons également à l’émergence de blockchains qui adoptent une approche plus centralisée grâce à l’utilisation de bases de données partagées, telles que les blockchains privées, qui combinent un système central de droits d’utilisateur et une blockchain décentralisée. Cette approche permet de contrôler l’accès à la blockchain.

On peut citer à titre d’exemple le Quorum de JP Morgan, que la banque d’investissement décrit comme une version d’Ethereum destinée aux entreprises, conçue pour « toute opération nécessitant un traitement rapide et à haut débit de transactions privées au sein d’un groupe autorisé de participants connus ».

En somme, les blockchains privées seront utilisées lorsque les parties auront besoin d’une gestion commune de données, par exemple entre un fabricant et ses fournisseurs. Les entreprises du Fortune 500 et les géants de la technologie tels qu’IBM et Microsoft s’y intéressent ; Oracle a même lancé une plate-forme de cloud computing autonome.

Cependant, selon un article de Blockchain à Berkeley, avec les blockchains privées « les utilisateurs devront faire confiance à la fois à l’autorité qui octroie les droits et au mécanisme de consensus utilisé par le système »

Dans les cas où l’utilisation de cette technologie est possible, les blockchains privées ont des utilisations diverses. Dans le domaine bancaire et financier, par exemple, elles peuvent être utilisées pour les paiements internationaux et les transferts d’argent. En mai, HSBC a déclaré avoir effectué la première transaction financière commercialement viable au monde pour le créancier néerlandais ING : une expédition en vrac de soja, d’Argentine vers la Malaisie, en utilisant la technologie de la blockchain. Selon un rapport de la CNBC, la transaction a duré 24 heures, contre une durée normale de cinq à dix jours.

Parmi les autres utilisations possibles des blockchains privées , on peut citer :

– Secteur Gouvernementaux : Les ministères et organismes du secteur public du monde entier explorent l’utilisation des blockchains privées, allant du stockage des dossiers numériques au suivi des prestations d’aide sociale et à la sécurisation des dossiers de santé. La technologie offre également un avantage dans la gestion des identités et des systèmes de vote pouvant faire l’objet d’une vérification.

– Secteur de la santé : Les blockchains privées pourraient devenir de plus en plus importantes à mesure que les équipements médicaux sont connectés au dossier de santé d’une personne ; les données pourraient être stockées sur une blockchain, plutôt que de les garder en silo.

– Assurance : Grâce à l’utilisation de contrats intelligents, les blockchains privées pourraient contribuer à éliminer les fraudes. Un sinistré ne pourrait pas présenter plusieurs demandes d’indemnisation pour le même accident, par exemple, puisque celles-ci seraient immédiatement rejetées par la blockchain.

Des registres fonciers dans l’immobilier aux micro-réseaux dans le secteur de l’énergie, les utilisations de la blockchain semblent illimitées. Gartner prévoit que les bénéfices mondiaux liés à la blockchain atteignent 5 milliards de dollars cette année et plus de 21 milliards de dollars d’ici 2021. Ainsi, même si cette technologie n’en est qu’à ses débuts, le moment est venu de réfléchir à la façon dont la blockchain affectera votre industrie et votre entreprise – et l’infrastructure de télécommunication nécessaire pour soutenir son développement.